Publicité

egagnepain

Mardi 28 mars 2006

Bienvenue dans ce blog destiné aux étudiants d'histoire et aux élèves de lycées !

Ce site est destiné à vous, pour vous aider à récupérer les cours, mais aussi destiné à terme à donner aux lycéesn les informations indispensables pour faire de l'histoire au lycée.

Ce blog est réalisés par un professeur de lycée, et de ce fait, les information contenues ici ne sont que la modeste contribution à l'apprentissage du savoir au lycée en histoire-géographie.

Il est appeler à évoluer et à progresser en fonction de l'évolution des besoins du professeur créateur du blog et de ses élèves...

Bonne lecture !

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 1 avril 2006

Voici un cours que je n'ai pas fait, mais qui peut servir aux étudiants sur la culture et l'art au XVIIème siècle en Europe ! En attendant une reprise des cours éventuelle. Pas de nouvelles ! Bon courage à tous pour la suite

 

Cours 5 : Les contradictions culturelles du XVIIè siècle

 

Obj : Montrer que la pensée évolue au XVIIè siècle, que l’on se rationnalise peu à peu en direction d’une autonomie de la foi, l’âge baroque est celui de la Contre Réfome qui s’exprime, l’âge classique celui de l’absolutisme, avant qu’une crise de la conscience européenne ne préfigure les Lumières.

 

à le XVIIè, entre renaissance des idées, et préfiguration des Lumières.

 

Pas de différenciation au niveau de l’espace et du temps, le baroque et le clasique se côtoient sans s’exclure, et leur coexistence montre les tensions de l’âme des penseurs depuis l’humanisme optimisme, au scepticisme de la fin du XVIè siècle (Montaigne ), ou Agrippa d’Aubigné.

 

 

1/ Pensée et mouvements culturels à l’âge baroque ( 1600-1660 )

 

Nous sommes dans des temps de malheurs ( fin XVIè siècle ( guerres de religions, puis Guerre de Trente Ans). L’Europe entière est frappée par une série de maux. Retournement de la conjoncture, multiplication des pauvres, des disettes, famines, guerres, épidémies, les trois cavaliers de l’Apocalypse. Une répression rigoureuse des déviances s’ensuit, qui suit celle de l’hérésie, celle des sorcières ; La montée de particularismes nationaux met en même temps le caractère universel de la culture au profit de langues nationales ( Du Bellay, Shakeaspeare ). Une sensibilité nouvelle apparaît, qui traduit le goût de la vie contre une époque de mort, et s’exprime dans le baroque.

 

L’Eglise catholique reprend en main avec le concile de Trente, et le baroque est sa culture. C’est une forme de représentation des mystères sacrés, a une majorité de sujets religieux ( contre le paganisme relatif de la Renaissance ), est du coup exubérant , joue sur l’émotion, la seule règle : l’exaltation ( que l’on retrouve chez les mystiques). L’excessif l’emporte sur l’équilibre en matière artistique, les décors en stuc , le marbre ( Piazza Navone à Rome). Remise en vigueur de la Vierge et du culte des Saints en peinture.

 

Géographie : Italie, apparaît à travers la médiation du maniérisme de Raphaël. Nef unique et large pour qu’elle soit visible de tous les participants. Deux personnalités : Le Bernin ( architecte de Saint-Pierre, extase de Sainte-Thérèse, colonnade piazza San Pietro, et Francesco Borromini, plus austère que Le Bernin, maître absolu du jeu des architectures. Saint-Charles aux 4 fontaines. Chef d’œuvre baroque du Caravage. Saints et Christ dans la vie quotidienne.

 

Le Baroque s’épanouit en Espagne, dans l’Europe centrale, les Pays-Bas, et France avec résistances. Espagne : baroque plus sévère ( L’Escorial de Philippe III et Philippe IV). Cervantès ( Don Quichotte), pléiade de peintres ( Ribera, Zurbaran, Velasquez). Baroque triomphe à Prague, Vienne, Munich. France : le barque s’ajoute au gothique. Baroque en France est ralenti par la volonté de L XIII et L XIV. Liberté d’imagination de Théophile de Viau, Cyrano de Bergerac, pour régenter la langue, s’oppose la rigueur de malherbe, Vaugelas. En théâtre, Scarron s’oppose à la volonté de régler la langue. En archi, L XIV rejette le projet de Le Bernin pour la colonnade du Louvre. Pas de pénétration du baroque dans l’Europe du nord, puritaine ou protestante.

 

 

2/ Une Europe classique française (1660-1720).

 

La France s’oppose un peu au baroque, on l’a vu. Impose une esthétique classique. Le génie français est celui de l’ordre, de la discipline, et de la régularité. Le classicisme rime avec harmonie (auteur et son milieu, œuvres et pensée, grandeur de l’art et grandeur du règne). L’orgueil de L XIV lui fait aimer ce qui est grand et beau : grandeur des tragédies classiques, l’éloquence sacrée, la mythologie, l’histoire, les proportions harmonieuses respectées.

 

L XIV exerce un mécénat important sur les artistes, artistes, peintres, sculpteurs, reçoivent d’importantes pensions. Perrault pour le Louvre, l’Académie Française qui garde la langue, Académie de sculpture, Académie de France à Rome ( qui guide les artistes dans leur apprentissage). Un art officiel de la monarchie absolue. Corneille, Racine, Bossuet (éloquence sacrée), Molière, Boileau théoricien de la poésie. Château de Versailles : projet grandiose auquel tous les architectes du temps ont contribué. Oeuvre d’une vie, construction politique au service la monarchie absolue de droit divin. ( Le Vau, Mansart, ( galerie des Glaces, multiplie par 4 le château). Jardins Le Nôtre, Peintre : Le Brun,…Peintres viennent de toute l’Europe, et c’est véritablement un chantier européen, qui fait venir toute l’Europe et influence toute l’Europe. ( voir dossier dans Bercé + devoir sur Versailles).

 

Autres réalisations : Les Invalides, inspiration pour l’Angleterre à Hampton Court, châteaux de Bruhl, Scheissenheim pour l’électeur de Bavière, statue équestre de L XIV inspire celle du Grand Electeur à Berlin….Même la Russie est influencée : Pierre le Grand en 1716 introduit l’esthétique française dans sa nouvelle capitale. Le modèle architectural rejoint celui politique, dans une Europe qui devient classique. 

 

 

3/ La République des Sciences : A l’écart de toutes les commandes, princières, de l’Eglise, qui sont les organisateurs traditionnels de la pensée, va se développer une pensée autonome, pour la première fois au XVIIè siècle. On se situe là dans le prolongement de la pensée des humanistes, les travaux de la science posent les bases des Lumières du XVIIIè siècle. Les résistances sont encore nombreuses au début du XVIIè, et l’Eglise fait pression sur les initiatives de penseurs novateurs : Bruno et Galilée en font les frais. Bruno, pense que l’univers est infini : il est condamné au bûcher en 1600. L’affaire Galilée incite également à prudence : grâce à la lunette astronomique, il démontre le système de Copernic, et prolonge les travaux de l’astronome Képler. Il doit se rétracter, et peut de justesse grâce à l’influence d’Urbain VIII continuer ses travaux.

 

La science va trouver ses méthodes avec René Descartes. Le Discours de la Méthode , écrit en français, ouvre la voie de la recherche scientifique. La raison est centrale dans la science, et aucun dogme, ni scolastique ne peut guider les réflexions. C’est la naissance des sciences modernes. Les découvertes scientifiques sont nombreuses, s’accélèrent ( baromètre, observatoires, thermomètre, horloge pendulaire de Huyghens).Le mouvement scientifique devient européen, l’époque de la Guerre de Trente Ans est aussi celle d’une grande collaboration, des réseaux se mettent en place ( père Marin Mersenne, partisan d’un travail scientifique collectif). Correspondance abondante entre Descartes, Pascal, Toricelli). Plus tard, les académies prennent le relais ( Royal Society fondée en 1660 où figure Locke, fondateur de l amorale et la politique, et théoricien de la Glorieuse Révolution par exemple). Première institution publique de recherche scientifique. Travail sur l’expérience, premier journal imprimé dans le domaine scientifique. En 1665 est fondée l’Académie Royale des Sciences, par L XIV. Pierre Bayle crée à Rotterdam en 1684, la Nouvelle République des Lettres, publication permettant aux savants européens de se tenir au courant des avancées de la science. C’est donc la naissance d’un courant scientifique, de penseurs, qui réfléchissent sur la raison, détachés de l’influence de l’Eglise. Désormais comme Leibnitz et Newton, l’idée d’infini s’impose à tous, comme Spinoza la bible est remise en cause par l’Histoire, Richard Simon critique l’Ancien Testament. Le fondement des Lumières ?

 

 

CC : deux courants artistiques ont marqué le siècle, et les mouvements intellectuels deviennent de plus en plus rationnels et autonomes d’une pensée imposée par l’Eglise, qui ne peut que lutter difficilement face aux progrès à la fois de la science,e t des commandes de l’art, plus en plus profane lui aussi, surtout dans le classique. Préfiguration de l’esprit des Lumières.

 

 

 

 

 

 

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 mai 2006

Les cours sont terminés !

Mais pour ceux qui auraitn manqué le cours du lundi 15 mai, le voici, dans sa presque intégralité...

Un plan détaillé des principales idées...

Bon courage pour votre semaine de révision, et à mercredi prochain 24 mai de 17 h à 19 h amphi Fromont

Cours 8 : Les Etats du sud de l’Europe : de la puissance au déclin

 

 

Intro : de la puissance italienne et espagnole au XVIè siècle : l’âge d’or pour les deux, pour deux raisons différentes (raisons culturelles pour l’Italie, et raisons politiques pour l’Espagne, unifiée du temps de Charles Quint et Philippe II). Le XVII è marque un recul de l’époque où la Méditerranée était au centre du pouvoir de l’Europe (depuis l’Antiquité ). Un basculement fondamental dans l’histoire de l’Europe, car le centre de gravité sera déplacé désormais au nord et à l’est (Provinces Unies, France, Angleterre). L’Italie qui dépendait politiquement de la puissance de l’empire et du pape, reste une zone divisée, et l’Espagne sera à la fin du XVIIè siècle une puissance secondaire en Europe. L’Empire ottoman, lui aussi est en recul, surtout à la fin du XVII è  siècle, il marque un déclin politique et économique. Fernand Braudel l’avait jadis envisagé dans son livre : La Méditerranée au temps de Philippe II (classique de l’Histoire  par F. Braudel ). Ses analyses ne sont pas démenties aujourd’hui, au contraire, même si nous nous intéresserons aux problèmes politiques rencontrés par ces puissances au cours du XVIIè siècle.

 

Quels sont les signes de déclin des puissances méditerranéennes ? Quelles solutions sont envisagées ? Le déclin est-il durable ?

Ceci n'est qu'un plan détaillé. Approfondir avec le Bercé par exemple.

1/ grandeurs et décadences de la puissance espagnole

 

            a/ Le règne de Philippe IV ( 1621-1665)

Le prestige traditionnel de l’Espagne depuis Charles Quint est immense ( empire où le soleil ne se couchait jamais )

Mais en fait cette puissance est fragile : économiquement, politiqueent, l’action de Philippe IV sera dans un premier temps négative pour la puissance espagnole.  Il abandonne le gouvernement à un prince de qualité, le duc d’Olivarès, qui aurait pu contribuer à redresser la puissance espagnole, si le roi ne l’avait désavoué dans sa volonté d’effacer les privilèges des nobles espagnols. Des tentatives de réorganisation administratives faites par Olivarès ne débouchent sur rien, parce que la complexité administrative, la bureaucratie est devenue trop grande. De plus, l’Etat espagnol entretient une cour brillante, mais qui a un coût exorbitant, sans compter les efforts de guerre, la Catalogne se révolte quand il s’agit d’imposer des taxes, et font même sécession dans les années 1650, le Portugal s’affranchit de la tutelle espagnole, le désordre règne dans la péninsule, les Provinces Unies ne sont pas vaincues malgré des sièges victorieux (Bréda), . Donc un bilan de ce premier règne très négatif. Enfin, la succession de Philippe IV pose problème.

 

            b/ L’Espagne dans la tourmente : règne de Charles II ( 1665-1700). C’est le dernier roi d’Espagne, et son avènement est marqué » par un problème successoral. Dès son avènement, son incapacité est avérée, et l’essentiel de son règne sera assuré par sa mère, régente du royaume. . Mal gouvernée par la régente, ou les favoris du moment d’un roi ( Don Juan José , le demi frère du roi , très populaire, vice-toi d’Aragon, fédère les mécontents et tente même un coup d’état militaire pour revenir au pouvoir), , le royaume subit en plus des problèmes intérieurs ( respect des libertés des régions, par exemple la Catalogne avec les fueros ( les droits )), des défaites cuisantes à l’extérieur, surtout face à la France , et perd la France Comté , Le Roussillon, la Cerdagne. La succession du roi est donc l’enjeu essentiel du règne. ( voir cours sur les relations internationales ). Devant les coalitions diverses et les guerres européennes du règne, une autre solution s’impose dans un premier temps : le prince de Bavière Ferdinand Joseph. Un accord secret lie les deux beaux-frères, LXIV et Léopold au sujet du démembrement de la puissance espagnole, mais Charles II préfère en garder l’intégrité. La solution du duc D’Anjou s’imposera au final : dans son testament, Charles II privilégie Philippe d’Anjou, pour éviter un délabrement de ses états, proie de toutes les ambitions européennes. L’Espagne n’est plus que le jouet des puissances, et va être l’enjeu d’une guerre sanglante qui va diviser l’Europe.

 

            c : La restauration Bourbonienne : situation de l’Espagne en 1715.  Ce règne de Philippe V permet de restaurer un peu la puissance espagnole. Lisbonne est le centre de regroupement des forces contre la monarchie espagnole, qui fédère les ennemis autrichiens et anglais. Zones de révoltes : Catalogne, Valence. Les opposants sont surtout des gens refusant les mises à l’écart fréquentes, et aussi les interventions de la France.   Ralliement de la Catalogne aux partisans de l’Autriche, et au frère de l’empereur, l’archiduc Charles. Philippe V, un moment battu à Madrid, fait toutefois reculer et reprend l’offensive après 1706. La victoire des forces franco-espagnoles à Almansa en 1707, marque la réussite castillane et le triomphe progressif de Philippe qui ne sera assuré qu’en 1711. Charles en effet deviendra l’empereur après la mort de son frère, Joseph. ( risque d’union Espagne et Empire ). Philippe V va renforcer l’attitude autoritaire ( importation d’un modèle de Louis XIV, bien que celui-ci lui ait recommandé de respecter les libertés locales de son pays ). 

            d/ renaissance Portugal qui masque une certaine dépendance étrangère.

Voir manuel de Bercé...

à Une péninsule ibérique sous domination, franco-britannique, mais qui on le voit, est loin d’avoir la puissance qu’elle possédait au XVIè. Voyons à présent ce qu’il en est du morcellement italien, et du basculement de la domination de l’Espagne à l’Autriche.

 

 

 

 

 

 

2/  Le morcellement italien et la domination progressive de l’Autriche sur les Italie

 

A : Le premier XVIIè siècle : jusqu’en 1660

 

L’Italie au coeur de l’humanisme n’est plus celle du XVIIè siècle : la crise politique, démographique et  économique est intense, et les divisions toujours très importantes. Les divisions politiques sont surtout entre les états du pape, Venise, et les états sous domination italienne. La crise économique domine la péninsule,et cela a des répercussions politiques.  Par contre, le prestige culturel reste encore très important jusque vers 1680, avant que le classicisme supplante à l’échelle de l’Europe, le baroque. Même si l’Italie est divisée, elle est unie par une même langue, une même culture, un même passé glorieux ( civilisation urbaine, …).

 

Les états du pape

 Venise

 Les états sous domination espagnole

De petits états enfin oscillent entre l’alliance française ou espagnole. Par exemple, les duchés de Mantoue, de Parme, sont alliés de la France. Le duché de Savoie-Piémont. La République de Gênes la Toscane

à Une Italie on le voit en crise dans ce premier XVIIè siècle. Une crise multiforme, économique, démographique, qui rejaillit sur son prestige politique. Il est loin le temps où les duchés italiens pouvaient se targuer d’une influence européenne, et l’Italie sombre dans la division , malgré une domination intellectuelle encore vivace.

 

b/ de 1660 à 1715

 

La deuxième partie du XVIIè siècle, après 1660, marque un recul de l’influence espagnole, et l’arrivée sur le devant de la scène de la puissance autrichienne en Italie. Le Milanais et le duché de Mantoue,  sont  récupérés par l’Autriche pendant la Guerre de Succession d’Espagne, la Sicile est réattribuée à la Savoie après la Guerre de Succession d’Espagne, d’où des changements géopolitiques importants.

 

 Venise

La seconde République, celle de Gênes

L’Autriche

On oscille donc entre marasme et reprise, sauf pour la Savoie et le Piémont, qui connaissent une ascension de l’Etat.

à Différents visages italiens se dessinent, et la préfiguration de ce que sera le paysage politique  avant l’unité nationale, apparaît.

 

 

 

3/ L’Empire ottoman : dernières tentatives hégémoniques en Europe

 

L’Empire ottoman pendant le XVIIè siècle entre dans une phase déclinante lui aussi, ce qui ne fait qu’accréditer la thèse du déplacement des lieux de pouvoirs au XVIIè siècle. Le plus vaste territoire d’Europe au début du XVIIè siècle, il a connu ses heures de glores au XVI è surtout. Il s’étend sur trois continents ( Europe, Asie, Afrique), directement ou indirectement le sultan a 14 millions de sujets. Istanbul est une ville de 800000 h, ce qui la place comme première ville du monde à l’époque.

 

Pourquoi une décadence ? Un empire disparate, dispersé, en proie à une crise intérieure profonde.

Résultats : les conquêtes piétinent d’abord, par la multiplicité des fronts ( Venise, Perse, Autriche, Pologne, et Russie).  

 Mais en 1664, elle est battue par les impériaux ( 200000 hommes contre 25000), malgré le maintient théorique de la domination sur la Transylvanie , c’est un échec flagrant, et c’est un coup d’arrêt dans ces années du premier XVIIè siècle, de l’offensive des Turcs.

 

La formation de la Sainte-Ligue est un coup encore plus dur

 ce qui oblige le sultan à demander la paix ( Karlowitz). C’est un repli global ( Transylvanie, Hongrie, Podolie, Dalmatie, Morée, Azov,…). Désormais, les ottomans n’occuperont plus un rôle que secondaire en Europe, ne sont plus une menace pour les puissances européennes, et bine plus encore, sont soumis à la domination politique et économique de l’Europe et surtout de l’Occident.

 

 

Conclusion :

 

On le voit, malgré des tentatives de reprise en main en Espagne, où une refondation de la monarchie espagnole est faite par Philippe V, en Italie, où quelques initiatives de centralisation, n’empêchent pas la domination de la péninsule par les puissances étrangères, et le marasme économique, le XVII è siècle est une période où le pouvoir politique européen change de centre de gravité. L’empire ottoman et le début de se décadence, ne font que confirmer nos propos. Le Sud de l’Europe, de centre, est passé désormais au statut de périphérie, dominée par des états comme la France , l’Angleterre, l’Autriche et la Prusse. Cela ne fera que se confirmer au XVIIIè siècle,, y compris au niveau politique, où les idées nouvelles et les idées politiques naïtront dans ces Etats centralisés.

 

 


 

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 6 décembre 2006

 

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 22 décembre 2006

Bonjour à tous !

Voici le texte du commentaire fait avec les groupes 1 et 2 à propos des conséquences de Pavie le 20/12.

La Bataille de Pavie:
Capture du roi de France François 1er

Bruxelles, XVIe siècle
Détails
Musée de Capodimonte, Naples

Pour traiter ce commentaire, j’ai utilisé plusieurs ouvrages :

La biographie de Jean Jacquart, citée dans votre bibliographie, le livre de Janine Garisson en collection Points Seuil Histoire, qui a le mérite de revenir sur le sort de François 1er, et le livre de A. Jouanna sur la France au XVIe siècle. L'histoire de l'Italie de Jean Delumeau pouvait être aussi fort utile.

De même une recherche internet approfondie m'a permis de trouver les références en italien qui me manquaient.

La supposition sur henri d'Albret, roi de Navarre, n'est qu'une supposition, et n'engage que moi. Je fais mention suelement de faits troublants, pouvant être à l'origine de l'utilisation de ce prince comme envoyé de la future ligue de Cognac auprès de la régente Louise de Savoie.

Le sujet m'a passionné, et j'envisage de vérifier ces information s en les confrontant à d'autres sources.

Bonne lecture de ce commentaire !

Intro : Texte issu du journal d’un bourgeois de Paris, texte témoignage de la première partie du règne de François 1er, qui est régulièrement réédité. Il s’agit de Nicolas Versoris, bourgeois de Paris, qui a décrit l’atmosphère à l’issue de la bataille de Pavie, qui reste un désastre incomparable sur le plan militaire pour la France. Témoignage fiable, le bourgeois étant bien informé, qui nous donne un aperçu sur la vie quotidienne, mais aussi les manœuvres politiques au premier XVIe siècle.

En effet, le contexte pour les français est pour le moins défavorable. La 2ème guerre d’Italie, du règne de François 1er ( rappeler qu’il s’agit d’un conflit séculaire), se termine sur un mode catastrophique par rapport à la première, où l’influence française semblait dominer le monde des cités-états italiennes pourtant traditionnellement soumis à l’empereur.

La deuxième guerre a débuté sur la question des révoltes des communidades d’Espagne, où le roi de Navarre, dont il est question ici, cherche avec l’appui de François 1e à reprendre ses états. La question en toile de fond est plus la rivalité qui va s’installer de manière permanente entre le pouvoir français et celui de l’empereur Charles Quint, plus puissant souverain d’Europe depuis qu’il a été élu comme empereur en 1519. Après bien des épisodes militaires (invasion de la Champagne repoussée par Bayard,  deux attaques sans succès dans le milanais, l’invasion de la Provence dirigée par le renégat Charles de Bourbon), le roi François avait réussi à pénétrer en Milanais, assiégeant Milan, et stagnant durant 5 mois devant Pavie, où les troupes impériales étaient réfugiées. Prises à revers par l’armée de Charles de Bourbon, François 1er, après un combat héroïque, mais d’un autre âge, est battu et fait prisonnier par Lannoy (refus de Charles de Bourbon) devant Pavie en février 1525. La formule célèbre du roi, qui écrit à la régente Louise de Savoie, sa mère, est restée célèbre : « de toutes choses ne m’est demeuré que l’honneur et la vie qui est sauve ». Le roi a perdu son influence en Italie, son armée avec plus de 6000 nobles tués, dont des membres de la famille royale, et surtout la liberté, puisque Charles Quint est prêt à faire payer très cher la rançon royale, avec le prix de la Bourgogne , tant rêvée depuis la confiscation de Louis XI, la Bourgogne , un des centres historiques de la famille de Charles Quint. La régente Louise de Savoie va diriger un royaume traumatisé par la capture du roi, un roi soumis à des pression, transféré à Madrid, humilié par le traité qu’on veut lui faire signer, et qui va tomber malade. Il risque de mourir, au risque de troubler le royaume tout entier.

Ce document aborde cette détresse du peuple, mais aussi la reprise en main politique de Louise, ses tentatives intérieures et extérieures pour redresser la situation.

Quelles sont donc les conséquences de ce désastre sur la population française de l’époque, à Paris et dans les provinces ?

Comment le pouvoir politique, la Régente en particulier, organise-t-il une réaction à cette capture, à cette grande absence ? Quelles perspectives pour une France qui semble soumise à Charles Quint : ce texte l’aborde, ou le sous-entend, par les intenses activités dont la Bourgeois de Paris est témoin, qu’il nous rapporte de manière chronologique sur une période, dans cet extrait, qui va d’octobre 1525 à décembre 1525. Nous verrons donc :

 

 

 

I/ Un royaume brisé et désorganisé par la défaite

 

 

 

                A/ Une agitation dans les villes, et à Paris en particulier. Paris = ville étudiante, lieu de charivaris, comme évoqués sans doute dans le premier paragraphe, et en particulier l 2 . Manifestations liées à l’absence du pouvoir politique, moquerie, raillerie du pouvoir, peut-être en rapport avec la tradition universitaire parisienne. Notion de folie, évoquée dans ces premières lignes de l’extrait. On veut contester l’ordre social, et on le fait dans une atmosphère joyeuse. A cette époque, perce l’hérésie à Paris. Mais il ne s’agit pas de révoltes protestantes, qui restent plus discrets, surtout dans une période, où le roi prisonnier, les réformés risquent la répression du pouvoir de la Sorbonne, et celle conjointe de Louise de Savoie, peu favorable aux réformés.

Donc le bruit court que le roi est « mort », et cela engendre des révoltes dans le royaume. Risque d’inversion sociale. Sentiment de complot pour cacher la vérité. Charles Quint ne s’y trompe pas, qui l’apprend et veut faire accélérer à cette même époque la conclusion d’un traité.

                B/ «  Le roi est mort, les sages le cèlent, les fols le révèlent ».

 

 

 

Peur de la mort du roi, qui serait une sorte de mort du royaume. Le roi François est au plus mal en septembre 1525. Il a contracté à force d’inaction, un abcès au nez, et souffre d’anorexie. Il déprime, et son royaume, symboliquement, se meurt avec lui. Symbolisme du Roi, qui fait corps avec le royaume. Le roi, d’après Joël Cornette, est le seul principe d’autorité du royaume, c’est une forme de manifestation nationale primitive. S’il est prisonnier, c’est un désastre moral et physique. Le royaume se porte mal comme s’il était malade. Le roi a nécessité de se montrer, et s’il n’est pas là, l’autorité s’effrite. Le pouvoir politique de la régente est de plus à Lyon, ce qui est distant d’au moins plusieurs jours. (théoriciens du pouvoir royal comme Claude de Seyssel). Roi prisonnier a un précédent dramatique : Jean II le Bon après 1356.

                C/ Les nobles prisonniers, rançonnés ou traîtres :

-          évocation de Navarre prisonnier (dernier paragraphe). Doivent payer une rançon pour recouvrer leur liberté, ou alors des biens en France. Le roi de Navarre = Henri d’Albret, à l’origine du déclenchement de la guerre pour recouvrer ses états perdus en 1512.

-          Evocation de Charles Bourbon ( l 15), qui a « trahi » le roi en allant servir Charles Quint. Rappeler circonstances trahison, ordonnée pour récupérer terres du prince par Louise de Savoie, la mère de François 1er. Peur de sa puissance. Renforce encore l’idée d’une inversion sociale. Les nobles sont enfermés, captifs, soumis à des conflits d’intérêt, ce qui ne peut que renforcer l’agitation.

-          La désorganisation de l’information : rumeurs et informations contrôlées ou non contrôlées circulent, pouvoir politique qui se trouve à Lyon, et non plus à Paris. Un ordre social inversé. (premier paragraphe). Problème de circulation et de répression du pouvoir politique (temps énorme de réaction entre la régente et le bailli de Paris fin du premier paragraphe). Suppositions fondées ou infondées sur la politique internationale (rapport sur l’ambassadeur anglais).

 

 

 

II/ Un début de  réaction ferme du pouvoir grâce à des relais puissants

 

 

 

-          A Le rôle ferme de la Régente : Louise de Savoie, ses réactions dans le texte, ses ordres donnés, son rôle en tant que diplomate. Evoquer le rôle tenu pour la seconde fois, puisqu’en 1515, elle était déjà gardienne du royaume. Evoquer aussi la relation fusionnelle avec son hercule de fils, comme Blanche de Castille avec Saint-Louis.

-          B : Le rôle des intermédiaires : bailli, justice. Elle s’appuie sur un royaume aux institutions efficaces, auxquelles elle va donner du sens. Souplesse et dureté, car fait preuve d’autorité contre le charivari, mais comprend aussi le peuple, en ordonnant la clémence. Plus la menace, que la véritable répression.

-          C : Le contrôle progressif de l’information (carrefours). Les ordres passent, et ce texte nous montre la circulation malgré tout des informations, sur la captivité du roi, sur sa rémission, sur les alliances internationales, sur le rôle de Lyon comme ville frontalière du royaume, et donc cille apte à recevoir des ambassadeurs venus de l’Europe entière.

-          D : Le rôle des ambassadeurs  Louis de Savoie utilise des espions ambassadeurs ( des nouvelles qui lui furent rapportées), l’alliance avec le roi d’Angleterre, la venue de Navarre à Lyon,…qui lui permettent de renouer la diplomatie de lutte contre Charles Quint. De plus, ses informations sur la santé de son fils, évoquées l 8, se sont affinées : elle a envoyé auprès de lui sa sœur bien aimée, Marguerite d’Alençon, qui deviendra un peu plus tard reine de Navarre.  

-          E : L’organisation d’une réaction militaire : L 30 et suivantes. Organisation du ban et arrière ban. On recrute de nouvelles forces, armée désorganisée après Pavie,e t on la réorganise pour lancer une contre offensive ou pour défendre la partie orientale et nord du royaume menacée par une nouvelle invasion des impériaux, pour faire pression sur la royaume affaibli ? organisation de l’armée encore largement dépendante de ce système, avant une professionnalisation progressive mais au siècle suivant seulement.

III/ Une réaction française sur le plan international en préparation.

-          A : L’évasion de Navarre redonne l’espoir (dernier paragraphe ) : retour d’un noble qui a vécu dans les geôles italiennes, la captivité, qui lui est permise par la mort d’un des protagonistes de la défaite française, le marquis de Pescara (Ferdinand François d’Avalos). Fin de la fatalité et reprise en main. Grand rôle d’Albret dans la politique de Louise de Savoie et de son fils. Reconnaissance de son autorité aussi.  

-          B : Le renversement des alliances avec L’Angleterre, (préfiguration du traité de Moore) .Ballet diplomatique décrit avec précision mais aussi suppositions. ( l 19 à 29). Arrive avec grand équipage, de manière ostentatoire, pour marquer les témoins, tels que le Bourgeois qui écrit. Retournement des alliances évoqué, car Henry VIII a peur de la puissance annoncée de Charles Quint, et retourne son alliance avec François 1er, en lui promettant sa fille ne mariage. Evocation des politiques matrimoniales européennes, qui sont des moyens de pression et de négociation à l’époque, et depuis le Moyen-Age. Montre la diplomatie du secret, qui entoure la négociation mais permet de voir que la Régente a repris la main dans la résistance à Charles Quint son fils prisonnier, la lutte continue ! Evocation de la dette contracté par Charles Quint, contre l’appui de Henry VIII. Il s’agirait alors d’en être le débiteur. Annonce en tout cas un bouleversement de l’ équilibre européen, et de luttes futures.

-          C : Les soulèvements en Italie, préfiguration de la ligue de Cognac L 10 à 19 + l 36.

L’Italie prend peur aussi de la puissance de Charles Quint, de sa domination par des puissances étrangères, que ce soient la France ou l’Empire. Cette union regroupe bon nombre de cités états, parmi les foyers de la Renaissance italienne, et est lancé par le pape Clément VII. On cherche à faire trahir le marquis de Pescara, à qui on fera la proposition du royaume de Naples. Ce Morone dont il est question est le chancelier de Milan, qui cherche à le faire trahir. Mais Pesacra écrit à Charles Quint pour lui révéler toute l’affaire au printemps 1525. Plus tard, comme le signale le bourgeois décidemment bien informé, il fera exécuter celui qui voulait le faire trahir. Un peu plus tard, Pescara meurt (empoisonné), et on sent dans le texte la possibilité d’une révolte qui peut s’exercer. De là à dire que Navarre est l’envoyé des italiens ???L’espionnage se développe à l’époque, et prendra son envol un peu plus tard. Les pratiques sont toutefois déjà là…

 

 

 

 

CC : UN texte qui nous montre une vision du royaume dans une triste situation après Pavie, un royaume désorganisé, soumis aux rumeurs sans contrôles. Mais une reprise en main de la régente Louise de Savoie, qui semble porter ses fruits au fil du récit du bourgeois, on sent que le retour du roi se prépare, par des tractations secrètes ( ambassadeurs, utilisation de la famille, réseau diplomatique, utilisation de princes comme agents,..). Le royaume est en effet en grand péril, et il s’agit de continuer la lutte. On le voit à travers cette description des conséquences de Pavie. Un royaume abattu, mais un royaume qui cherche à négocier, à gagner du temps pour mieux préparer sa revanche.

Revanche qui arrivera quelques mois plus tard : en janvier 1526, François 1er sort de sa geôle, après avoir signé un des traités les plus catastrophiques depuis le traité de Brétigny en 1360. Le roi est échangé contre ses deux fils sur la frontière espagnole, il doit céder sur la Milanais , Naples, l’Artois, la Flandre ,e t doit restituer la Bourgogne. Mais Charles Quint n’est pas dupe : le roi chevalier ne restituera jamais la Bourgogne , et cela il le fera dire par son parlement, comme étant province inaliénable du royaume. En ce qui concerne les alliances évoquées, parler du traité de Moore avec Henry VIII signé en 1526, les Turcs, et la Ligue de Cognac. Une offensive générale se prépare en Europe..

 

 

 

 

Je vous souhaite de bonnes vacances à tous. J'ai adoré travailler avec vous. Vous aurez vos devoirs le 16 janvier au plus tard. Bonnes révisions en attendant le devoir sur table, et n'hsitez pas à me poser des questions.

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 24 septembre 2007

Bonjour à tous, et bonne rentrée universitaire !

Ce blog existe toujours, il reprend ses fonctions premières, à savoir l'information, les corrigés de devoirs à destination des étudiants de L2 et L3 de Géographie, option Histoire moderne.

Les cours cette année porteront sur :

- Pour les L2 : Aspects du XVIIe siècle : Histoire socio-culturelle, relaitons internationales, et histoire politique comparée ( France, Royaume-Uni, Saint-Empire).

Séances
Cours
TD
Séance 1 :
26 septembre 2007
Tableau de l’Europe au début du XVIIe s.
Cours 1 : Cadre de vie, sociétés et cultures (1)
-          explication de texte et méthodologie.
(Richelieu) : approche du commentaire de doc
Séance 2 :
3 octobre 2007
Cours 1 : Cadre de vie, sociétés et cultures (2)
Une fête populaire après le traité de Westphalie
Séance 3 :
10 octobre 2007
Cours 1 : Cadre de vie, sociétés et cultures (3)
Description de Paris en 1637
Séance 4 :
17 octobre 2007
Cours 1 : Cadre de vie, sociétés et cultures (fin)
Texte sur la culture populaire ou culture des élites.
Séance 5 :
24 octobre 2007
Cours 2 : Les relations internationales : vers un équilibre européen (1)
Simplicus simplissimus et deux gravures de Jacques Callot
Séance 6 :
7 novembre 2007
Cours 2 : Les relations internationales : vers un équilibre européen (2)
Les traités de Westphalie
Séance 7 :
14 novembre 2007
Cours 2 : Les relations internationales : vers un équilibre européen (3)
La diplomatie selon Louis XIV
Séance 8 :
21 novembre 2007
Cours 3 : Les modèles politiques européens : La France
 La proposition de paix perpétuelle de l’abbé de Saint-Pierre
Séance 9 :
28 novembre 2007
Cours 3 : Les modèles politiques européens : La Grande-Bretagne
Louis XIV et Bossuet
Séance 10 :
5 décembre 2007
Cours 3 : Les modèles politiques européens : Italie ou Empire
Déclaration des droits 1689 au Royaume Uni
 
 
 

 - Pour les L3 :  Guerre et paix au temps de Louis XV ( 1733-1763) : de la guerre de Succession de Pologne à la guerre de 7 ans.

N° des séances
Cours
Sujets des TD
1
Mardi 25/09
Cours de présentation du programme Introduction et situation en Europe vers 1730
Présentation de la bibliographie, du programme, choix des sujets de TD : commentaires ou exposés
Présentation du texte de Maurice de Saxe
2
Mardi 2/10
Le temps des guerres limitées 1
Discipline et indiscipline militaire en Italie en 1735
Fuite du roi de Pologne en 1733
3
Mardi 10/10
Le temps des guerres limitées 2
Frédéric II : la force et le droit (1740)
La politique extérieure française de 1730 à 1748
4
Mardi 17/10
L’Europe embrasée et le basculement des alliances 1
Le traité de Fontainebleau entre Louis XV et Charles-Edouard Stuart (1745)
5
Mardi 24/10
L’Europe embrasée et le basculement des alliances 2
Bataille de Fontenoy et paix d’Aix-la-Chapelle par Choiseul
6
Mardi 6/11
La Guerre de 7 ans 1
Deux fronts de la Guerre : prise de Québec et siège de Berlin
7
Mardi 13/11
La Guerre de 7 ans 2
Commentaire : corpus documentaire sur le traité de Paris (1763) ou
Exposé : combats et combattants sur mer au XVIIIe
8
Mardi 20/11
Faire la Guerre au XVIIIe 1
Texte : De la manière de lever des troupes de Maurice de Saxe
9
Mardi 27/11
Faire la guerre au XVIIIe 2
Conseil à un jeune officier en 1755 (commentaire) ou
Exposé : L’expansion europénne au XVIIIe siècle
10
Mardi 4/12
Faire la paix 1
Cérémonial pour les envoyés du roi près de l’Electeur de Pologne (1748)
11
Mardi 11/12
Faire la paix 2
Le renversement des alliances (1756) (texte)
ou exposé : gens de renseignement, diplomates et négociateurs au XVIIIe
12
Mardi 18/12
Examen final : dissertation

Voilà donc les nouveautés, les informations seront affichées au fur et à mesure du semestre universitaire.

 

Bon courage à tous

 

Emmanuel Gagnepain

 

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 26 septembre 2007

Pour les étudiants de L2 et  L3 Géographie : Comme promis, voici une méthode de la dissertation et du commentaire de document.

Je vous la donne à titre d'exemple, mais rien ne vous empêche d'en cherche une autre...

Explication de document

 

 

Objectifs

 

Le document est une source, l’explication requiert une rigueur de l’analyse, une recherche approfondie de l’information et un esprit critique. Elle répond à des règles précises (définir, expliquer et critiquer).

 

Il faut rendre compte de tous les aspects du document, interpréter et dégager sa valeur de témoignage historique, ses intérêts. Il est nécessaire d’exprimer son sentiment d’historien devant le document.

 

 

Conseils

 

Lire et relire très attentivement le document proposé. Numéroter les lignes. Le vocabulaire n’est généralement pas neutre. Ce que dit l’auteur doit être vérifié. Tous les termes, les noms de personnages ou de lieux, les références événementielles et institutionnelles doivent être élucidées. De même votre vocabulaire doit être approprié.

 

Le principal travers est la paraphrase qui traduit une incapacité à se détacher du texte. Seconde dérive, le texte comme prétexte, c’est-à-dire picorer des termes ou des morceaux de phrase pour réaliser des développements qui s’éloignent du document et qui sont proches de la dissertation.

 

A l’oral le propos doit s’appuyer sur des documents illustratifs choisis avec discernement (cartes, croquis, tableaux, graphiques, arbres généalogiques…). Ces illustrations doivent être présentées rapidement pour comprendre leur intérêt. Une bibliographie ordonnée (instruments de travail, manuels généraux, ouvrages spécialisés) et rigoureusement présentée complète le commentaire.

 

Attention à la présentation matérielle (écriture lisible et aérée), à l’orthographe et à la syntaxe. Utiliser le présent de l’indicatif et non le futur. Proscrire les expressions familières. Il est préférable de relire paragraphe après paragraphe afin d’éviter une fastidieuse relecture d’ensemble. La première page doit rester vide.

 

 

Organisation

 

            Introduction

 

1)      Quoi ? Identification exacte de la nature du document (source narrative, document législatif, tableau, monnaie, sculpture, mosaïque. Lorsque c’est un texte penser à différencier entre document officiel (édit, ordonnance, lettre patente…), document contractuel (contrat de mariage, d’engagement…), document biographique (mémoires, récit de voyage…), document narratif (extrait d’un ouvrage d’histoire, de chroniques…), conditions de diffusion, public visé.

 

2)      Qui ? A qui ? Identifier l’auteur avec précision et le présenter rapidement (ne pas raconter toute sa vie mais se contenter des indications pertinentes pour éclairer le texte : c’est la raison pour laquelle il n’est pas utile de raconter la fin de la vie d’une personne si elle écrit au début…). S’il est anonyme il faut également le préciser, et on peut également essayer d’approcher son identité ou tout au moins son statut social. Quel est le public visé, le destinataire(dans le cas d’une lettre, d’un texte officiel…)

 

3)      Quand ? Donner la date précise du document. Celle-ci est parfois donnée, parfois sous-entendue dans le document (par le biais d’allusion à un ou plusieurs événements précis qu’il faut clarifier), parfois difficile à déterminer : s’aider dans ces cas-là du style du texte, des personnages nommés ou esquissés….

 

4)      Replacer rapidement le document dans son contexte culturel et historique. Savoir également dissocier, lorsque c’est nécessaire entre contexte de production du document et contexte de ce qui est relaté dans ce document. Il est parfois identique, parfois différent.

 

5)      Comment ? Enchaînement des idées : faire une analyse synthétique de la structure du document.

 

6)      Problématique qui souligne l’intérêt principal du document, son fil directeur. Pas de commentaire sans problématique : c’est sûrement l’aspect le plus difficile de l’exercice, puisqu’il faut déterminer en peu de temps un fil directeur de l’explication. On l’obtient par la lecture attentive et critique du document et la confrontation avec ses connaissances. Elle peut se formuler sous forme de question ou de phrase simple.

 

7)      L’annonce du plan doit convaincre que tous les apports historiques du document sont étudiés.

 

 

Développement

 

Il n’existe pas de plan-type : il se divise en autant de parties que le nombre que vous avez décidé de traiter pour répondre à la problématique.. Le plan du commentaire doit être construit, cohérent, rendre compte de la logique du texte et de l’ensemble de son contenu. C’est le cœur du commentaire, et il a pour but la réponse à la question posée dans l’introduction, en vue d’expliquer le document. Il faudra donc faire régulièrement le point – à la fin de chaque partie – sur l’état d’avancée de la réflexion, et ne pas oublier de rapporter chaque argument à la problématique. Deux , trois ou quatre thèmes directeurs sont dégagés. Si votre choix est bien justifié un certain nombre de plans et de structures sont possibles ! Il faut réserver une partie spécifique à la critique. Celle-ci doit s’exercer dès l’introduction et pendant tout le commentaire. En face de chaque document que nous travaillerons, il faut vous poser la question des buts recherchés par l’auteur (de nombreux documents, même officiels, sont partisans et cherchent à convaincre, à contraindre, à imposer une vision des faits, que vous pouvez – du fait de vos connaissances – nuancer : nécessité donc d’être critique en face d’un document), ainsi que les manques (argumentatifs, « oublis » de certaines faits connus de vous, partialité) qu’il comporte. . Chaque partie est constituée de plusieurs arguments reprenant des aspects du texte. Celui-ci doit être cité largement mais non paraphrasé : la limite est difficile à trouver parfois. Il faut vous dire que vous expliquez et ne racontez pas à nouveau ce que vous avez lu. C’est pour cette raison que vous organisez le commentaire de manière différente, le plus souvent, que de sa forme linéaire. A chaque argument avancé doit correspondre au moins une citation dans le texte. Celui-ci se cite en utilisant des guillemets et en notant entre parenthèse le numéro de la ligne, pour faciliter la lecture du correcteur. A la fin de chaque partie vous devez faire un point récapitulatif sur l’état de votre argumentation : c’est ce que permet souvent la phrase de transition qui ne doit pas être artificielle (on a vu x et y…), mais permettre au correcteur, mais également à vous-mêmes de voir/matérialiser votre réflexion et argumentation. Formellement, à la fin de chaque partie, sautez une ligne, et à la fin du développement entier 2 ou 3 lignes. Il faut tout expliquer au lecteur qui est censé ne rien connaître.

 

 

            Conclusion

 

Elle met un terme à votre commentaire, et a donc une vocation à la fois récapitulative et élargissante. Elle reprend les principaux points et les étapes de votre argumentation, pour répondre à la question/problématique posée en introduction mais elle n’est pas un simple résumé. Elle doit reprendre les grands apports du commentaire en faisant une synthèse qui insiste sur les idées fortes. Votre réflexion historique sert à souligner les différents intérêts du document, sa portée historique. En quoi est-il plus ou moins objectif ? Quelle est son influence ? De quelles sources peut-on le rapprocher ? Evitez absolument les références factices à l’actualité et à une « continuité » historique si elle est peu précise.

 


Dissertation

 

 

Objectifs

 

La dissertation sert à mesurer les aptitudes à poser les problèmes et à organiser une réponse en mobilisant les connaissances nécessaires. C’est une démonstration : que faut-il retenir ou transmettre de la période, du personnage, du thème à traiter ?

 

Il est indispensable de connaître les principaux faits, replacés dans leur cadre chronologique. Toutes les facettes du sujet doivent être prises en compte. La réflexion doit être étayée, justifiée et éclairée par des exemples choisis, précis et variés.

 

 

Conseils

 

Lire le sujet à plusieurs reprises et le méditer pour éviter une compréhension maladroite. Il donne les champs géographique et chronologique et l’orientation du sujet (étude d’un événement, d’une évolution, tableau, bilan, biographie, comparaison).

 

Les connaissances doivent être précises, il ne faut pas se contenter de généralités, de banalités et de platitudes. Le vocabulaire doit être maîtrisé avec rigueur. Quelques travaux spécialisés permettent de nuancer, préciser, compléter et discuter des idées générales.

 

Au même titre que l’explication de document, l’exposé oral s’accompagne de documents illustratifs et d’une bibliographie. Ecrire les noms propres ou difficiles au tableau. Il est préférable de rédiger l’introduction, le plan détaillé et la conclusion au brouillon.

 

 

Organisation

 

            Introduction

 

1)      Accroche et définition des termes du sujet. Insérer le sujet par une citation ou une phrase. Définir précisément les termes, les notions, les concepts du libellé pour éviter un écueil majeur : le hors-sujet. Il faut présenter les sources mobilisables et éventuellement les débats historiographiques propres au traitement du sujet.

 

2)      Contexte. Le sujet s’inscrit dans un contexte précis qui doit être souligné.

 

3)      Problématique. Définir une solide problématique basée sur quelques questions centrales. Ne pas utiliser une série de questions reprenant les grandes parties de la dissertation ou se contenter de reproduire le sujet sous une forme interrogative en guise de problématique ! Souligner les difficultés liées au sujet.

 

4)      Structure du plan. Annonce de la démarche et des différents thèmes pour répondre à la problématique. Eviter les plans à tiroirs (1- politique ; 2- économie et société ; 3- culture et religion). Certains sujets supposent en revanche des questions récurrentes (ex : La guerre de Trente ans. 1- Causes ? ; 2- Déroulement ; 3- Conséquences).

 

 

Développement

 

Comme pour le commentaire de documents, il est important de bien considérer la dissertation comme un exposé argumentatif visant à répondre à une question (ici un sujet) et non prétexte à étaler des connaissances.

 

Il n’y a pas de plan-type. Tout plan est valable s’il est cohérent et si les choix sont justifiés dans l’introduction. Le plan présente les différentes étapes pressenties pour répondre à la problématique délimitée. Il comporte au moins 2 parties, mais peut en avoir 3 voire 4. Pour cela, rassembler ses connaissances et ses idées, les classer, les mettre en relation pour la constitution du plan. Ne pas oublier la règle d’or : un argument = un exemple (on part du général pour aller au particulier). Dans un plan thématique, il faut accorder de l’importance à l’évolution chronologique : une dissertation d’histoire comporte des dates, des personnages, des notions.

Attention au déséquilibre des parties. Faire des articulations logiques entre tous les paragraphes qui doivent être introduits et synthétisés. De même entre chaque partie une conclusion partielle qui fait le point sur l’argumentation précédente, l’avancée dans la problématique et une transition, qui fait le lien avec la partie suivante.

 

A l’oral, il faut indiquer le titre – qui doit être explicite – des grandes parties, mais c’est inutile à l’écrit.

 

 

            Conclusion

 

1)      La conclusion doit délivrer la réponse à la problématique. Il ne s’agit pas d’un simple résumé des points jugés majeurs. Elle doit enrichir le développement.

 

2)      Ouverture. La conclusion permet d’ouvrir sur des perspectives ou des thèmes connexes. Ne pas utiliser le futur : il ne s’agit pas d’une prédiction sur des faits inéluctables mais de faits réels !

 

Voilà, suite au prochain article, sur la répartition des TD et  l'explication du premier document pour les L2. A la semaine prochaine !

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 27 septembre 2007
Plan détaillé :
I/ Un serviteur de la monarchie, au contact entre deux conception de pouvoir dans la monarchie( évoquer la monarchie absolue et la monarchie des assemblées).
-          A/ une monarchie de « conseils » avant l’arrivée de Richelieu au pouvoir : le rôle des conseils au détriment de la conception de la monarchie absolue. Dans les provinces, sont nommés des « gouverneurs » et pas des intendants. Les états généraux, réunis en 1614, ont une prétention à gouverner, on trouve également des assemblées de notables. Ces assemblées sont des intermédiaires puissants face à l’autorité de la monarchie, que Richelieu assimile à des « compagnies ».
Les états provinciaux (privilèges locaux), assemblées protestantes (poids du parti huguenot depuis l’Edit de Nantes en 1598, qui a accordé la liberté de culte aux protestants), et les  parlements : se sentent dépositaires d’un droit de devoir et de conseil face au roi. Marie de Médicis a du faire appel à eux au moment de la minorité de Louis XIII, et a cédé beaucoup par l’intermédiaire du chancelier Michel de Marillac après les états généraux de 1614. Chaque institution traditionnelle revendique alors une part de puissance, contre laquelle Richelieu s’élève dans le 2eme paragraphe, lorsqu’il parle des « audaces » des revendications.
-          Les intérêts particuliers préférés aux publics ( L 12) : la conception de la monarchie contre laquelle lutte Richelieu. Désordre du royaume qui datent de la Régence, période classique de troubles. Le chef d’un lignage ( ex : Condé, Bouillon, ou Soissons, ou encore le frère du roi : Gaston d’Orleans, quittent la cour pour se réfugier dans leur fief, d’où ils appellent à une rébellion ( phrase sur les gouverneurs qui se comportent « comme des souverains dans leurs charges ».
-          B/ Un lien fondamental et une confiance réciproque:  Louis XIII et Richelieu : expliquer l’interaction entre les deux hommes ( Votre Majesté m’eût élevé : L 26). Respect énorme de Richelieu, sens du dévouement relaté dans tout le texte, mais aussi respect mutuel, les historiens insistent là-dessus. Le cardinal a la confiance de Louis XIII. C’est le nouveau tandem qui gouvernera la France pendant environ 20 ans.
àUn choix s’impose entre deux conceptions du pouvoir ( traditionnel cité au dessus et celui voulu par Richelieu, exposé dans ce qui suit).
-          C/ Le choix d’un autre type de pouvoir : caractériser l’absolutisme (dernier paragraphe) : poids de l’autorité royale et de Dieu : partout dans le texte, Richelieu insiste sur un nouveau type de pouvoir, sur la volonté divine (ligne 29), « relever la dignité de votre Majesté Royale »,…Passe par la mise en place d’un Etat centralisateur, fiscalement en augmentation pour les besoins de la politique, «  dictature fiscale et raison d’état » ( J Cornette). Le roi doit être respecté dans la globalité de son autorité (dignité de sa Majesté).
 
II/ Une vision noire du gouvernement du royaume dans le premier XVIIe siècle
A/ Un état soumis aux coteries nobiliaires
Révolte nobiliaire, désorganisation de l’Etat, (ligne 3), poids de la cour sur son ascension politique (4eme paragraphe sur les critiques qui voyaient sa chute assurée), (cf révolte menée dans les provinces par les gouverneurs et chefs de parti nobiliaires) .Toutes les grandes familles ont un commandement de province au début du règne de Louis XIII, que Marie de Médicis a du donner. Pamphlets contre l’autorité royale, la défient (2eme paragraphe), au lieu de la respecter, désir de l’entrée au conseil du Roi. Ces révoltes conduisent aux états généraux de 1614, révolte de la reine mère en 1619 qui publie des pamphlets contre l’organisation du Conseil du Roi, Richelieu lui-même participa à une révolte contre l’autorité royale en 1620 (saisissement de l’impôt royal par Richelieu pour la financer !). Ces révoltes sont dues, du point de vue des élites aristocratiques, au respect du sens de l’honneur, don du sang versé pour le roi et à la juste récompense des honneurs du pouvoir, une sorte de défense du Bien public (Cornette). Les nobles ont le sentiment d’agir pour le bien de l’Etat.
Les plus entreprenants, les ambitieux qui réussissent : rôle des nombreux favoris et partis de la cour, qui jouent avec « audace » de leur influence sur le roi (Cinq Mars, Luynes), à travers lesquels Richelieu saura habilement jouer… Même arrivé au pouvoir, Richelieu a failli être renversé lors de « la journée des Dupes » : raconter l’épisode de 1630, où victime d’une coterie de cour ( évoquée paragraphe 4), organisée par le chancelier, Michel de Marillac, la reine mère et le frère du roi, le premier fut arrêté, les autres exilés.
 
B/ le poids des huguenots ( l 2) : rôle des assemblées des protestants, des places de sûreté avec leur 25000 hommes, rôle de la Rochelle, une Amsterdam en puissance. Possibilité de rallumer les affres des guerres de religion, et de faire un Etat dans l’Etat.
 
C/ Alliances étrangères méprisées l 12:  Les alliances évoquée ici, sont les alliances voulues par un parti en vogue à la cour, le parti dévôt. Cette politique était favorable aux Habsbourg, en guerre avec les protestants pendant la Guerre de Trente Ans. Cette politique de paix est associée à un abaissement des impôts, et une monarchie plus tempérée, contraire aux idéaux de Richelieu. Marillac, le chancelier, y est particulièrement favorable. Or Richelieu redoute l’encerclement de la France par les Habsbourg,e t la reconstitution de la prise en tenailles du territoire français.
àResponsabilité du désordre aux hommes politiques en place
 
III/ Une politique qui a favorisé la mise en place de l’absolutisme à travers ses trois axes
-
-          A/ « ruiner le parti huguenot » : guerre de 1621 à 1628 : avec prise de la Rochelle, action personnelle de Richelieu Dirigeant d’abord ses efforts contre les protestants, il leur reprit, en 1626, l’île de Ré, leur enleva, en 1628, leur dernier boulevard, La Rochelle, en fermant le port par un môle gigantesque, et anéantit leur puissance par la paix d’Alais et l’édit de Nîmes (1629), qui leur enlevaient leurs privilèges politiques.

B/ « Rabaisser l’orgueil des Grands » : Ce qui coûta le plus de peine à Richelieu, ce furent ses luttes contre les grands : il eut à déjouer mille cabales, et compta parmi ses principaux adversaires la reine mère, Marie de Médicis, devenue jalouse de l’ascendant qu’il exerçait sur le roi, la reine régnante, Anne d’Autriche, le frère du roi, Gaston d’Orléans, le duc de Bouillon, le comte de Soissons et tous les favoris de Louis XIII.
Ne pouvant réussir auprès du roi, les grands cherchèrent un appui chez l’étranger, et excitèrent plusieurs révoltes : toujours instruits à temps de leurs complots, Richelieu sut les faire échouer. Il exila la reine mère à Bruxelles (1631), réduisit à la soumission Gaston d’Orléans, qui avait pris les armes, vainquit à Castelnaudary le duc de Montmorency, qui avait trempé dans la révolte du prince, le fit condamner à mort et exécuter à Toulouse (1632); livra quelques années après au comte de Soissons et au duc de Bouillon, ligués avec l’Autriche, une bataille où le comte trouva la mort (bataille de la Marfée, 1641), fit trancher la tête à Cinq-Mars, favori de Louis XIII, qui traitait avec l’Espagne, et n’épargna pas même le jeune De Thou, coupable de n’avoir pas révélé le complot (1642).
à Centralisation du pouvoir, et propagande en vue de restaurer le nom du roi dans l’Etat. Evoquer le rôle de la Gazette de Théophraste Renaudot, qui contribue à l’ouvre de propagande de la monarchie française.
-           
-          C/ « Relever le  nom de sa Majesté dans les nations étrangères » ( en particulier détruire la puissance des Habsbourg). Dans le même temps, il replaçait sous la domination de la Suisse la Valteline, que l’Espagne lui disputait (1626), assurait au duc de Nevers le duché de Mantoue et le Montferrat en forçant le Pas de Suze (1629), s’emparait des États du duc de Savoie (1630), et se préparait à combattre l’Autriche. Prenant part dans ce but à la guerre de Trente ans, il ne craignit pas de soutenir le parti protestant en Allemagne, s’unit à Gustave-Adolphe, roi de Suède, qui était à la tête de ce parti (1630), seconda ce prince de tout son pouvoir dans ses efforts contre l’Autriche, et, après sa mort (1632), solda les troupes de Bernard de Weimar, qui l’avait remplacé; puis, combattant ouvertement l’Autriche (1634-41), il attaque cette maison dans toutes ses possessions à la fois, dirigea des armées en Alsace, dans les Pays-Bas, en Italie, en Catalogne, obtint partout des succès et prépara la prépondérance de la France qu’assurèrent après sa mort les traités de Westphalie (1648) et des Pyrénées (1659).
-          D/ « Réduire tous ses sujets à leur devoir » : fiscalité, dictature fiscale, en vue de préparer la guerre, au mépris des révoltes populaires de régions entières ( Nu Pieds en 1639, révolte contre la gabelle en 1636, croquants,) révoltes durement réprimées, impôts sur le clergé, guerre justifiant une obéissance aveugle aux décisions du roi, qui limite le pouvoir des remontrances des parlements, celui des états qui sont supprimés dans certaines régions, imposition d’intendants pour suppléer les gouverneurs

 
CC : Un texte fondateur pour l’absolutisme royal, même si la raison ne peut tout justifier, il n’empêche que les années cardinales ont été des années de reprise en main de la monarchie, ont posé les bases de cette monarchie française, qui sera menée à mal pendant la jeunesse de Louis XIV, mais qui par cette action, et l’héritage laissé à Mazarin, survivra avant de s’imposer comme modèle à l’Europe. « Un homme de fer dans un siècle de fer »
Evoquer sa fragilité par sa dernière biographe, ce qui peut trancher de l’impression du texte…Il a navigué à vue visiblement, toujours hésitant jusqu’à la dernière minute sur les décisions à prendre, toujours menacé par les cabales de Gaston d’Orleans et de la mère de Louis XIII. Un grand homme d’Etat, soumis au doute pourtant…
Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 27 septembre 2007

Bonsoir à tous...

A destination des L2 principalement, voici le commentaire intégral ( en plan détaillé toutefois), du Testament politique du cardinal de Richelieu.

Je le mets à votre disposition comme exemple de ce que l'on peut attendre comme information, sur un texte, il est vrai, extrémement riche sur la période du premier XVIIe siècle. Pratiquement tous les aspects du règne de Louis XIII pouvaient être abordés.

En vous souhaitant bonne lecture....

Notes sur le testament politique de Richelieu ( publié après sa mort en 1642, et écrit vraisemblablement entre 1635 et 1640 ou 1627 et 1640).
 
Bibliographie : Yves-Marie Bercé, Mireille Laget, Henri Michel, Alain Molinier, Michel Peronnet, Le XVIIe siècle1620 - 1740 De la Contre-réforme aux Lumières,   Hachette Supérieur Histoire, Paris, 2005
Bély, L., Les relations internationales en Europe ( XVIIè-XVIIIé siècle ), Thémis Histoire, PUF, Paris, 1992, 2001.
CORNETTE Joël, L’affirmation de l’Etat absolu :1515-1652, Hachette,Carré Histoire, Paris, 1994 ( réédité ).
BELY Lucien La France Moderne 1498-1789 PUF, Quadrige, 2003.
Françoise Hildesheimer, Richelieu, Flammarion, Paris, 2004 ;
François Bluche, Richelieu, Paris, 2003.
Sources internet : gallica pour l’œuvre de Richelieu ; le site des clionautes.
 
Introduction :
L’auteur…Richelieu (Armand du Plessis, cardinal, duc de), 1585-1642, était d’une maison noble du Poitou, originaire du bourg de Richelieu, et avait pour père François du Plessis, capitaine des gardes de Henri IV. Il fut d’abord destiné aux armes, puis reçut les ordres et fut sacré en 1607 évêque de Luçon, n’ayant que 22 ans.
Député aux États généraux de 1614 par le clergé de Poitou, remarqué par Concini et par Marie de Médicis, alors régente, fut nommé aumônier de cette princesse (1615), puis secrétaire d’État pour l’intérieur et la guerre (1616). Chargé de négocier un accommodement entre la mère et le fils, il réussit dans cette mission délicate et fit conclure les traités d’Angoulême (1620) et d’Angers (1621) : le chapeau de cardinal lui fut donné en récompense (1622). Il entra en 1623 au conseil par la protection de la reine et presque malgré Louis XIII, qui avait de la répugnance pour sa personne, et il y montra une telle supériorité qu’il fut bientôt nommé premier ministre. Arrivé au souverain pouvoir, il forma trois grandes entreprises qu’il cite dans cet extrait de son livre qu’il ne perdit jamais de vue : détruire la puissance politique du protestantisme en France, abattre l’orgueil et l’esprit factieux de la noblesse, et abaisser la maison d’Autriche.

L’ouvrage : testament politique ouvrage célèbre et sujet à de nombreuses controverses depuis Voltaire. Les historiens admettent aujourd’hui que l’auteur était bien Richelieu, que l’on peut dater entre 1635 et 1640. Mais le livre lui-même ne sera publié qu’en 1688. Ouvrage d’importance, donc , puisque celui qui a incarné le ministériat, nouvelle forme de gouvernement commune à plusieurs pays en ce début de XVIIIe siècle, l’Espagne avec Olivarès et Philippe IV, l’Angleterre entre Jacques 1er et Buckingham, et la France.  Richelieu a beaucoup écrit sur sa politique, soucieux probablement du souvenir qu’il laisse dans l’Histoire, trois livres principaux (« les instructions que je me suis données pour me conduire à la cour », « les Maximes d’Etat », et le « Testament politique »). Longtemps ce dernier ouvrage a suscité des polémiques entre historiens et commentateurs, (Voltaire et Foncemagne au XVIII e siècle), mais aujourd’hui son authenticité ne fait plus de doutes. Il apparaît comme un plaidoyer à la mise ne place de l’absolutisme, même si Richelieu n’est pas Machiavel, et que la raison ne peut tout justifier…
 
En effet, l’objectif de cet ouvrage est de justifier la politique essentielle dans l’assise de l’Etat absolutiste, politique qu’il a mené avec vigueur parfois, avec obstination, ce qui lui a permis d’avoir une entière confiance du Roi, Louis XIII, dont il s’agit à présent de dire quelques mots. Il est forcément partisan dans ses explications, vu l’intérêt et la portée historique qu’il veut donner à son propos.
Importance du destinataire, puisque l’extrait semble s’adresser à lui.Louis XIII, roi depuis 1610, et l’assassinat de son père Henri IV, a été le jouet de coteries et d’influences depuis son accession réelle au pouvoir, soit 1613…Trop jeune pour régner seul ( il avait 9 ans), sa mère Marie de Médicis a d’abord assuré la fonction de Régente, puis il a subi quelques influences diverses de Grands, membres de la Haute noblesse, souhaitant participer ou s’occuper des affaires du royaume. Après avoir réconcilié la mère et le fils en conflit, il reçoit le chapeau de cardinal, honneur exceptionnel qui place Richelieu au même rang que des princes du sang, pour le récompenser, et son intelligence est reconnue dès lors par ses contemporains : on ne peut se passer longtemps d’un tel homme en dehors du Conseil du roi, véritable instrument de gouvernement sur lequel nous reviendrons. La reine Marie le fit rentrer de nouveau au conseil en 1624, d’où il ne sortira plus. Il est principal ministre en 1624 (malgré les manœuvres des autres conseillers). Il y a un lien extrémement fort entre le roi et son conseilleur, et une admiration réelle de la part de Louis XII, qui on le verra, lui gardera une confiance absolue, à tel point qu’il est difficile de dire qui est à l’origine de telle ou telle action politique. Personnage intelligent, cultivé, pratiquant lui aussi l’art du secret, il est clair que la combinaison des deux personnage a contribué à relancer la politique de centralisation absolutiste française, et a permis de changer profondément et durablement l’Etat.
C’est donc en place, et en poste de principal conseiller du roi, que Richelieu s’attelle à une tâche qui peut paraître immense, remettre de l’ordre dans les affaires de l’Etat.
Quelles conceptions du pouvoir monarchique ont Richelieu et ses adversaires ? Quel était l’Etat du royaume ? Comment Richelieu l’a remis en ordre ?Navigation
Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 octobre 2007

Bonsoir à tous,

UN premier article pour rappeler aux L2 quelques règles concernant les travaux demandés pour les TD :

- Passer à l'oral en groupe sur les textes définis en début de semestre.

- faire un plan détaillé d'explication d'un des autres textes du corpus ( sachant que vous devez la rendre à la date maximum du passage à l'oral). Par  exemple, si vous préparez les documents sur la Guerre de Trente Ans, vous pouvez le rendre le 24 octobre maximum.

- faire une biographie d'un des personnages au programme ( le XVIIes), personnage de votre choix, en montrant son rôle capital au XVIIe, en quoi il a marqué son temps. Il ne s'agit pas de faire de l'encyclopédisme, mais de présenter de manière succinte, les éléments capitaux de la vie d'un personnage célèbre ( une page environ).

En espérant que ces précisions vous seront utiles...

Emmanuel Gagnepain

Par Emmanuel Gagnepain
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche