Plan détaillé :
I/ Un serviteur de la monarchie, au contact entre deux conception de pouvoir dans la monarchie( évoquer la monarchie absolue et la monarchie des assemblées).
- A/ une monarchie de « conseils » avant l’arrivée de Richelieu au pouvoir : le rôle des conseils au détriment de la conception de la monarchie absolue. Dans les provinces, sont nommés des « gouverneurs » et pas des intendants. Les états généraux, réunis en 1614, ont une prétention à gouverner, on trouve également des assemblées de notables. Ces assemblées sont des intermédiaires puissants face à l’autorité de la monarchie, que Richelieu assimile à des « compagnies ».
Les états provinciaux (privilèges locaux), assemblées protestantes (poids du parti huguenot depuis l’Edit de Nantes en 1598, qui a accordé la liberté de culte aux protestants), et les parlements : se sentent dépositaires d’un droit de devoir et de conseil face au roi. Marie de Médicis a du faire appel à eux au moment de la minorité de Louis XIII, et a cédé beaucoup par l’intermédiaire du chancelier Michel de Marillac après les états généraux de 1614. Chaque institution traditionnelle revendique alors une part de puissance, contre laquelle Richelieu s’élève dans le 2eme paragraphe, lorsqu’il parle des « audaces » des revendications.
- Les intérêts particuliers préférés aux publics ( L 12) : la conception de la monarchie contre laquelle lutte Richelieu. Désordre du royaume qui datent de la Régence, période classique de troubles. Le chef d’un lignage ( ex : Condé, Bouillon, ou Soissons, ou encore le frère du roi : Gaston d’Orleans, quittent la cour pour se réfugier dans leur fief, d’où ils appellent à une rébellion ( phrase sur les gouverneurs qui se comportent « comme des souverains dans leurs charges ».
- B/ Un lien fondamental et une confiance réciproque: Louis XIII et Richelieu : expliquer l’interaction entre les deux hommes ( Votre Majesté m’eût élevé : L 26). Respect énorme de Richelieu, sens du dévouement relaté dans tout le texte, mais aussi respect mutuel, les historiens insistent là-dessus. Le cardinal a la confiance de Louis XIII. C’est le nouveau tandem qui gouvernera la France pendant environ 20 ans.
àUn choix s’impose entre deux conceptions du pouvoir ( traditionnel cité au dessus et celui voulu par Richelieu, exposé dans ce qui suit).
- C/ Le choix d’un autre type de pouvoir : caractériser l’absolutisme (dernier paragraphe) : poids de l’autorité royale et de Dieu : partout dans le texte, Richelieu insiste sur un nouveau type de pouvoir, sur la volonté divine (ligne 29), « relever la dignité de votre Majesté Royale »,…Passe par la mise en place d’un Etat centralisateur, fiscalement en augmentation pour les besoins de la politique, « dictature fiscale et raison d’état » ( J Cornette). Le roi doit être respecté dans la globalité de son autorité (dignité de sa Majesté).
II/ Une vision noire du gouvernement du royaume dans le premier XVIIe siècle
A/ Un état soumis aux coteries nobiliaires
Révolte nobiliaire, désorganisation de l’Etat, (ligne 3), poids de la cour sur son ascension politique (4eme paragraphe sur les critiques qui voyaient sa chute assurée), (cf révolte menée dans les provinces par les gouverneurs et chefs de parti nobiliaires) .Toutes les grandes familles ont un commandement de province au début du règne de Louis XIII, que Marie de Médicis a du donner. Pamphlets contre l’autorité royale, la défient (2eme paragraphe), au lieu de la respecter, désir de l’entrée au conseil du Roi. Ces révoltes conduisent aux états généraux de 1614, révolte de la reine mère en 1619 qui publie des pamphlets contre l’organisation du Conseil du Roi, Richelieu lui-même participa à une révolte contre l’autorité royale en 1620 (saisissement de l’impôt royal par Richelieu pour la financer !). Ces révoltes sont dues, du point de vue des élites aristocratiques, au respect du sens de l’honneur, don du sang versé pour le roi et à la juste récompense des honneurs du pouvoir, une sorte de défense du Bien public (Cornette). Les nobles ont le sentiment d’agir pour le bien de l’Etat.
Les plus entreprenants, les ambitieux qui réussissent : rôle des nombreux favoris et partis de la cour, qui jouent avec « audace » de leur influence sur le roi (Cinq Mars, Luynes), à travers lesquels Richelieu saura habilement jouer… Même arrivé au pouvoir, Richelieu a failli être renversé lors de « la journée des Dupes » : raconter l’épisode de 1630, où victime d’une coterie de cour ( évoquée paragraphe 4), organisée par le chancelier, Michel de Marillac, la reine mère et le frère du roi, le premier fut arrêté, les autres exilés.
B/ le poids des huguenots ( l 2) : rôle des assemblées des protestants, des places de sûreté avec leur 25000 hommes, rôle de la Rochelle, une Amsterdam en puissance. Possibilité de rallumer les affres des guerres de religion, et de faire un Etat dans l’Etat.
C/ Alliances étrangères méprisées l 12: Les alliances évoquée ici, sont les alliances voulues par un parti en vogue à la cour, le parti dévôt. Cette politique était favorable aux Habsbourg, en guerre avec les protestants pendant la Guerre de Trente Ans. Cette politique de paix est associée à un abaissement des impôts, et une monarchie plus tempérée, contraire aux idéaux de Richelieu. Marillac, le chancelier, y est particulièrement favorable. Or Richelieu redoute l’encerclement de la France par les Habsbourg,e t la reconstitution de la prise en tenailles du territoire français.
àResponsabilité du désordre aux hommes politiques en place
III/ Une politique qui a favorisé la mise en place de l’absolutisme à travers ses trois axes
-
- A/ « ruiner le parti huguenot » : guerre de 1621 à 1628 : avec prise de la Rochelle, action personnelle de Richelieu Dirigeant d’abord ses efforts contre les protestants, il leur reprit, en 1626, l’île de Ré, leur enleva, en 1628, leur dernier boulevard, La Rochelle, en fermant le port par un môle gigantesque, et anéantit leur puissance par la paix d’Alais et l’édit de Nîmes (1629), qui leur enlevaient leurs privilèges politiques.
B/ « Rabaisser l’orgueil des Grands » : Ce qui coûta le plus de peine à Richelieu, ce furent ses luttes contre les grands : il eut à déjouer mille cabales, et compta parmi ses principaux adversaires la reine mère, Marie de Médicis, devenue jalouse de l’ascendant qu’il exerçait sur le roi, la reine régnante, Anne d’Autriche, le frère du roi, Gaston d’Orléans, le duc de Bouillon, le comte de Soissons et tous les favoris de Louis XIII.
Ne pouvant réussir auprès du roi, les grands cherchèrent un appui chez l’étranger, et excitèrent plusieurs révoltes : toujours instruits à temps de leurs complots, Richelieu sut les faire échouer. Il exila la reine mère à Bruxelles (1631), réduisit à la soumission Gaston d’Orléans, qui avait pris les armes, vainquit à Castelnaudary le duc de Montmorency, qui avait trempé dans la révolte du prince, le fit condamner à mort et exécuter à Toulouse (1632); livra quelques années après au comte de Soissons et au duc de Bouillon, ligués avec l’Autriche, une bataille où le comte trouva la mort (bataille de la Marfée, 1641), fit trancher la tête à Cinq-Mars, favori de Louis XIII, qui traitait avec l’Espagne, et n’épargna pas même le jeune De Thou, coupable de n’avoir pas révélé le complot (1642).
à Centralisation du pouvoir, et propagande en vue de restaurer le nom du roi dans l’Etat. Evoquer le rôle de la Gazette de Théophraste Renaudot, qui contribue à l’ouvre de propagande de la monarchie française.
-
- C/ « Relever le nom de sa Majesté dans les nations étrangères » ( en particulier détruire la puissance des Habsbourg). Dans le même temps, il replaçait sous la domination de la Suisse la Valteline, que l’Espagne lui disputait (1626), assurait au duc de Nevers le duché de Mantoue et le Montferrat en forçant le Pas de Suze (1629), s’emparait des États du duc de Savoie (1630), et se préparait à combattre l’Autriche. Prenant part dans ce but à la guerre de Trente ans, il ne craignit pas de soutenir le parti protestant en Allemagne, s’unit à Gustave-Adolphe, roi de Suède, qui était à la tête de ce parti (1630), seconda ce prince de tout son pouvoir dans ses efforts contre l’Autriche, et, après sa mort (1632), solda les troupes de Bernard de Weimar, qui l’avait remplacé; puis, combattant ouvertement l’Autriche (1634-41), il attaque cette maison dans toutes ses possessions à la fois, dirigea des armées en Alsace, dans les Pays-Bas, en Italie, en Catalogne, obtint partout des succès et prépara la prépondérance de la France qu’assurèrent après sa mort les traités de Westphalie (1648) et des Pyrénées (1659).
- D/ « Réduire tous ses sujets à leur devoir » : fiscalité, dictature fiscale, en vue de préparer la guerre, au mépris des révoltes populaires de régions entières ( Nu Pieds en 1639, révolte contre la gabelle en 1636, croquants,) révoltes durement réprimées, impôts sur le clergé, guerre justifiant une obéissance aveugle aux décisions du roi, qui limite le pouvoir des remontrances des parlements, celui des états qui sont supprimés dans certaines régions, imposition d’intendants pour suppléer les gouverneurs
CC : Un texte fondateur pour l’absolutisme royal, même si la raison ne peut tout justifier, il n’empêche que les années cardinales ont été des années de reprise en main de la monarchie, ont posé les bases de cette monarchie française, qui sera menée à mal pendant la jeunesse de Louis XIV, mais qui par cette action, et l’héritage laissé à Mazarin, survivra avant de s’imposer comme modèle à l’Europe. « Un homme de fer dans un siècle de fer »
Evoquer sa fragilité par sa dernière biographe, ce qui peut trancher de l’impression du texte…Il a navigué à vue visiblement, toujours hésitant jusqu’à la dernière minute sur les décisions à prendre, toujours menacé par les cabales de Gaston d’Orleans et de la mère de Louis XIII. Un grand homme d’Etat, soumis au doute pourtant…