Bonsoir à tous...
A destination des L2 principalement, voici le commentaire intégral ( en plan détaillé toutefois), du Testament politique du cardinal de Richelieu.
Je le mets à votre disposition comme exemple de ce que l'on peut attendre comme information, sur un texte, il est vrai, extrémement riche sur la période du premier XVIIe siècle. Pratiquement tous les aspects du règne de Louis XIII pouvaient être abordés.
En vous souhaitant bonne lecture....
Notes sur le testament politique de Richelieu ( publié après sa mort en 1642, et écrit vraisemblablement entre 1635 et 1640 ou 1627 et 1640).
Bibliographie : Yves-Marie Bercé, Mireille Laget, Henri Michel, Alain Molinier, Michel Peronnet, Le XVIIe siècle1620 - 1740 De la Contre-réforme aux Lumières, Hachette Supérieur Histoire, Paris, 2005
Bély, L., Les relations internationales en Europe ( XVIIè-XVIIIé siècle ), Thémis Histoire, PUF, Paris, 1992, 2001.
CORNETTE Joël, L’affirmation de l’Etat absolu :1515-1652, Hachette,Carré Histoire, Paris, 1994 ( réédité ).
BELY Lucien La France Moderne 1498-1789 PUF, Quadrige, 2003.
Françoise Hildesheimer, Richelieu, Flammarion, Paris, 2004 ;
François Bluche, Richelieu, Paris, 2003.
Sources internet : gallica pour l’œuvre de Richelieu ; le site des clionautes.
Introduction :
L’auteur…Richelieu (Armand du Plessis, cardinal, duc de), 1585-1642, était d’une maison noble du Poitou, originaire du bourg de Richelieu, et avait pour père François du Plessis, capitaine des gardes de Henri IV. Il fut d’abord destiné aux armes, puis reçut les ordres et fut sacré en 1607 évêque de Luçon, n’ayant que 22 ans.
Député aux États généraux de 1614 par le clergé de Poitou, remarqué par Concini et par Marie de Médicis, alors régente, fut nommé aumônier de cette princesse (1615), puis secrétaire d’État pour l’intérieur et la guerre (1616). Chargé de négocier un accommodement entre la mère et le fils, il réussit dans cette mission délicate et fit conclure les traités d’Angoulême (1620) et d’Angers (1621) : le chapeau de cardinal lui fut donné en récompense (1622). Il entra en 1623 au conseil par la protection de la reine et presque malgré Louis XIII, qui avait de la répugnance pour sa personne, et il y montra une telle supériorité qu’il fut bientôt nommé premier ministre. Arrivé au souverain pouvoir, il forma trois grandes entreprises qu’il cite dans cet extrait de son livre qu’il ne perdit jamais de vue : détruire la puissance politique du protestantisme en France, abattre l’orgueil et l’esprit factieux de la noblesse, et abaisser la maison d’Autriche.
L’ouvrage : testament politique ouvrage célèbre et sujet à de nombreuses controverses depuis Voltaire. Les historiens admettent aujourd’hui que l’auteur était bien Richelieu, que l’on peut dater entre 1635 et 1640. Mais le livre lui-même ne sera publié qu’en 1688. Ouvrage d’importance, donc , puisque celui qui a incarné le ministériat, nouvelle forme de gouvernement commune à plusieurs pays en ce début de XVIIIe siècle, l’Espagne avec Olivarès et Philippe IV, l’Angleterre entre Jacques 1er et Buckingham, et la France. Richelieu a beaucoup écrit sur sa politique, soucieux probablement du souvenir qu’il laisse dans l’Histoire, trois livres principaux (« les instructions que je me suis données pour me conduire à la cour », « les Maximes d’Etat », et le « Testament politique »). Longtemps ce dernier ouvrage a suscité des polémiques entre historiens et commentateurs, (Voltaire et Foncemagne au XVIII e siècle), mais aujourd’hui son authenticité ne fait plus de doutes. Il apparaît comme un plaidoyer à la mise ne place de l’absolutisme, même si Richelieu n’est pas Machiavel, et que la raison ne peut tout justifier…
En effet, l’objectif de cet ouvrage est de justifier la politique essentielle dans l’assise de l’Etat absolutiste, politique qu’il a mené avec vigueur parfois, avec obstination, ce qui lui a permis d’avoir une entière confiance du Roi, Louis XIII, dont il s’agit à présent de dire quelques mots. Il est forcément partisan dans ses explications, vu l’intérêt et la portée historique qu’il veut donner à son propos.
Importance du destinataire, puisque l’extrait semble s’adresser à lui.Louis XIII, roi depuis 1610, et l’assassinat de son père Henri IV, a été le jouet de coteries et d’influences depuis son accession réelle au pouvoir, soit 1613…Trop jeune pour régner seul ( il avait 9 ans), sa mère Marie de Médicis a d’abord assuré la fonction de Régente, puis il a subi quelques influences diverses de Grands, membres de la Haute noblesse, souhaitant participer ou s’occuper des affaires du royaume. Après avoir réconcilié la mère et le fils en conflit, il reçoit le chapeau de cardinal, honneur exceptionnel qui place Richelieu au même rang que des princes du sang, pour le récompenser, et son intelligence est reconnue dès lors par ses contemporains : on ne peut se passer longtemps d’un tel homme en dehors du Conseil du roi, véritable instrument de gouvernement sur lequel nous reviendrons. La reine Marie le fit rentrer de nouveau au conseil en 1624, d’où il ne sortira plus. Il est principal ministre en 1624 (malgré les manœuvres des autres conseillers). Il y a un lien extrémement fort entre le roi et son conseilleur, et une admiration réelle de la part de Louis XII, qui on le verra, lui gardera une confiance absolue, à tel point qu’il est difficile de dire qui est à l’origine de telle ou telle action politique. Personnage intelligent, cultivé, pratiquant lui aussi l’art du secret, il est clair que la combinaison des deux personnage a contribué à relancer la politique de centralisation absolutiste française, et a permis de changer profondément et durablement l’Etat.
C’est donc en place, et en poste de principal conseiller du roi, que Richelieu s’attelle à une tâche qui peut paraître immense, remettre de l’ordre dans les affaires de l’Etat.
Quelles conceptions du pouvoir monarchique ont Richelieu et ses adversaires ? Quel était l’Etat du royaume ? Comment Richelieu l’a remis en ordre ?Navigation